Pourquoi l'offre excède-t-elle la demande dans le domaine de l'immobilier comme semble le démontrer une enquête de la Banque de Maurice réalisée pour le premier trimestre ? La réponse est toute simple. De nombreuses habitations ne trouvent pas preneurs en raison de leurs prix.
Il est généralement perçu dans divers milieux liés directement et indirectement à l'immobilier et à l'industrie du bâtiment en général qu'il y a un « over pricing » par rapport au coût des terrains et de la construction. Tous les promoteurs pensent à tirer le maximum. Ils pensent que tous les Mauriciens ont du super fric et ils ne font plus la distinction entre les Mauriciens qui ont vécu longtemps à l'étranger et qui rentent à Maurice en fin de carrière avec leurs économies en fortes devises étrangères ou encore les étrangers qui se marient avec des Mauriciennes et la grande majorité des demandeurs d'un logement qui ont des capacités financières modestes.
Même si de nos jours, il y a une surenchère entre les banques, les assurances et autres institutions financières pour financer l'achat des biens immobiliers, il se trouve que ceux qui ont le plus besoin de ces facilités restent en dehors du circuit de par les prix réclamés par les promoteurs. Justement, les prix avancés par l'enquête de la Banque de Maurice reflètent la réalité du terrain. Ainsi, pour une habitation dans les régions urbaines, on réclame entre Rs 2,7 et Rs 7,2 millions dépendant du type de propriété. Dans les régions rurales, le prix oscille entre Rs 1,6 million et Rs 4,6 mjllions. Alors que sur les régions côtières, le prix moyen varie entre Rs 3,6 millions et Rs 10,8 millions.
Dans un tel contexte, on peut se demander comment un jeune couple ou un cadre moyen sera en mesure de financer l'achat de leurs logements ? Il n'y a pas un seul projet de logement, y compris les projets d'appartement de la MHC Ltd (à Beau-Bassin) ou de la NHDC (à Route Militaire, Port-Louis) qui soit réellement à la portée de la moyenne des salariés. Tous les promoteurs visent les hauts salaires. Si l'on est qualifié pour un emprunt de Rs 2 millions, il faut rembourser entre Rs 18000 et Rs 20 000 mensuellement. Ce n'est pas donné à toutes les bourses.
Les promoteurs ne font plus la distinction entre leurs projets et les IRS / RES. Ils pensent qu'aujourd'hui tout le monde est logé à la même enseigne sur le plan des salaires et du pouvoir d'achat. Seule une poignée de promoteurs ont ciblé des salariés modestes. Dans ce segment, le scénario est différent, à savoir que la demande n'excède pas l'offre.
Une grosse révolution doit s'opérer. Il faut trouver un type de logement dont le loyer sera à la portée du plus grand nombre de salariés et de jeunes. Il faut aussi encourager des méthodes de construction plus économiques. L'année dernière et récemment, encore un entrepreneur, M. Maxime Sadowsky, souhaite trouver des interlocuteurs pour introduire une méthode de construction économique et peu chère. Mais comme cela a été le cas dans le passé pour le bloc australien, le bloc américain entre autres méthodes de fabrication, il y a une sérieuse résistance. Les autorités devraient s'intéresser davantage aux marges des promoteurs dans le domaine immobilier pour savoir si les prix réclamés sont justifiés ou pas. Ou si le " over princing » continue à tondre les Mauriciens dans ce secteur.
Par Noel Koowaree
Immobilier & Construction Juillet - Aout 2010

Très bon article. Je partage.
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