lundi 30 août 2010

Centres commerciaux ] Les attentes des promoteurs

MAURICE a- t- il les moyens pour concurrencer Dubayy, le Singapour, la Malaisie et la Thaïlande comme destination de shopping hors- taxes pour les touristes ? A cet effet, une réunion, sous la présidence du directeur général du Board of Investment , Prakash Maunthrooa, en présence du ministre du Tourisme, Nando Bodha, a eu lieu la semaine derniére.

Ce tour de table a permis aux promoteurs de complexes commerciaux de communiquer leurs attentes et appréhensions : heure d’ouverture, marketing agressif, contrefaçon, connexions entre l’hôtel et ces centres de shopping d’excellence sont les principaux arguments avancés.
Pour qu’une telle industrie prenne forme, le premier pas à franchir serait d’étendre les heures d’ouverture.
« Les lois devront être amendées pour permettre le shopping à des heures tardives » , affirme Raj Ramrachia, Chief Executive d’ Ebene-City , promoteur de Mall of Mauritius , complexe qui comprendra 170 boutiques, dont des enseignes de luxe.

Un promoteur, sous le couvert de l’anonymat, affirme qu’aujourd’hui, « le pays ferme à 18 heures » . Dans des destinations tels que Dubayy, les touristes se baladent d’un centre commercial à l’autre, même la nuit.

D’ici à deux ans, plusieurs chantiers se transformeront en des centres commerciaux de grand standing, dans la catégorie dite de « shopping malls » , avec le gratin du luxe, générant des milliers d’emplois. En termes de superfi cie, la premiére est le projet d’ EbeneCity , sur 53 000 métres carrés, nécessitant des investissements de Rs 4,5 milliards, suivi de Bagatelle d’ENL ( 35 000 métres carrés, Rs 2,5 milliards), Grand- Baie La Croisette de Max City Properties ( Rs 2 milliards), Trianon Centerpoint ( 30 000 métres carrés) et Circle Square de l’ Indian Ocean Real Estate Company , filiale du groupe Mon Loisir ( 9 000 métres carrés, Rs 400 millions).

Ces projets sont géographiquement éloignés des hôtels. « Ce sont des difficultés d’ordre pratique à aplanir» , fait ressortir un promoteur. Une solution serait la mise en place d’un systéme de transport sécurisé et rapide quadrillant le pays. Raj Ramrachia propose, de son côté, le concept de touriste de shopping, à l’opposé de celui qui préfére les hôtels donnant sur la plage.
« Nous devrions encourager le développement d’hôtels niches, à proximité de ces centres commerciaux » , souligne- t- il.
La pérennité de ce projet de standing international repose sur une masse critique de touristes. Dans un entretien en date du 21 juin, Chanakya Chakravarti, Chief Executive de l’IOREC, promoteur de centres commerciaux à Riviére- du- Rempart et Forbach, affi rmait que des « 1,2 million d’habitants, que 500 000 ont le pouvoir de dépenser » . En termes de touristes, il estimait qu’ils sont 200 000 à venir effectivement faire du shopping dans le pays. Est- ce un nombre suffi sant pour alimenter tout un nouveau pilier que le pays compte promouvoir ? De fait, affirme un promoteur, Maurice devrait se lancer dans une campagne de marketing agressive pour se positionner comme une destination hors- taxe, et puiser dans le vivier qui pense automatiquement à Dubayy et l’Asie comme centres par excellence. « Déjà, l’Europe, en pleine crise, est en train de courtiser les Chinois et les Indiens » , souligne cet interlocuteur, plaidant, implicitement, pour un double effort sur ce plan.
D’une part, ces destinations européennes ont déjà bâti une solide réputation. Et de l’autre, ils sont plus accessibles. « Nous devons donc ouvrir davantage notre espace aérienne » , postule Raj Ramrachia.
Reste l’épineux probléme de la contrefaçon où une chemise Abercrombie & Fitch est disponible à Rs 100, à proximité du marché central, alors que ce même vêtement, dans une boutique sélecte, coûterait pas moins de 100 euros, voire plus.
Hors- catégorie…


Kamlesh Bhuckhorry
L'Express du Lundi 30 Aout 2010

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