(...) Beaucoup de Mauriciens, échaudés par les difficultés de remboursement ou par le parcours du combattant des négociations avec les banques, hésitent avant d’investir à (très) long terme sur le logement. Les chiffres attestent pourtant que 86 % des Mauriciens sont propriétaires de leur logement.
Des 14 % restants, les classes moyennes et modestes rament.
Le premier principe que tout citoyen a le devoir d’adopter, c’est de fournir les efforts nécessaires pour acquérir un logement. L’Etat ne peut que l’aider en cas de vulnérabilité et de grande difficulté. Dans
le discours du budget 2010, l’ex-ministre des Finances Rama Sithanen, a fait mention d’un « integrated social housing programme for 5,000 families with modest incomes ».
Parallèlement, le discours programme de l’Alliance sociale, stipule que « 550 low cost housing units » seront délivrées d’ici février 2011 dans 11 zones stratégiques du pays. De plus, 10 000 logements sociaux seront construits pour les « lower and middle income groups », sans oublier les 1 000 arpents de
terrains qui devraient bientôt être disponibles suite au deal Etat/MSPA (Mauritius Sugar Producers’ Association). La seule chose qui importe, c’est de savoir quand ces maisons promises seront construites. Il faut ensuite s’assurer que les frais de remboursement de ces maisons soient à la portée des revenus des
familles, sachant qu’un logement devrait être l’une des priorités dans les dépenses des ménages.
Il est évident aujourd’hui, que la classe moyenne ne peut plus accéder au logement, réservé aux privilégiés. Les bourses modestes habitent en communauté. « Les jeunes couples sont souvent contraints d’habiter
chez leurs parents en attendant de pouvoir s’acheter un terrain et construire leurs maisons. Je pense
qu’il est important que l’Etat mise davantage sur la construction d’appartements », explique
Natacha, 22 ans, étudiante.
La bonne politique de logement ne consiste pas à couvrir Maurice de logements sociaux mais de permettre
aux salariés modestes d’être propriétaires de leur logement, en leur facilitant un prêt calqué sur leurs sources de revenus. Salma, caissière de 50 ans, pense que certains « sont obligés de squatter pour avoir un logement. Il y a des lopins de terre non occupés qui appartiennent à l’Etat et qui pourraient être vendus à des prix moins élevés pour les gens dans le besoin ».
Pourtant, soutient un cadre du secteur, « le problème du logement est moins grave qu’il n’y paraît.
Les terrains de l’Etat ne peuvent pas être distribués à tout va. Il faut que chaque citoyen prenne ses
responsabilités et place le logement au summum de ses priorités, au même titre que la nourriture, l’éducation et les utilités. » (...)
L'express du Dimanche 26 Sept 2010
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