Car, sur la trentaine de campements listés dans le bottin, une bonne vingtaine affiche complet jusqu’à fin janvier.
Et puis, il faut aussi dire que plusieurs opérateurs rechignent à louer leurs bungalows à des Mauriciens. « Nu travay zis ar tourist nou ! » , lâchent certains d’entre eux.
D’abord, parce que les touristes constituent une clientèle plus régulière, c’est- à- dire qu’on peut compter sur eux toute l’année, alors que les Mauriciens attendent la plupart du temps des occasions spéciales pour louer un bungalow.
Autre raison, et non des moindres : « Bann morisien inpe dezord » , explique le propriétaire de plusieurs bungalows à Péreybère, avant de se radoucir.
« Au fait, ce n’est pas qu’ils font du désordre, mais ils viennent en grand nombre. Et il leur suffi t de parler et de rire un peu pour que cela fasse un grand brouhaha, ce qui dérange les touristes. Ce qui est davantage ressenti chez nous puisque nos appartements sont très rapprochés l’un de l’autre. » Cyril Mourgine Sr est bien moins exigeant. « Tant qu’on me paie, ça va, mais, comme partout ailleurs, il y a des limites à ne pas dépasser. » Ainsi, au téléphone qui sonne sans arrêt pour des réservations, il peut, de temps à autre, donner des réponses positives, même si un Mauricien est en ligne.
Son bloc d’appartements appelé L’essence unique , à la Route Royale à Flic-en-Flac, compte deux bungalows, l’un avec deux chambres, l’autre, trois. Les deux campements comptent également un salon, une salle à manger, une cuisine, une salle de bains, des ustensiles de cuisine, une cafetière et une bouilloire, entre autres.
Pour l’appartement avec deux chambres, il faut compter Rs 1 300 par jour, alors que pour celui de trois chambres, comptez Rs 1 700 par jour.
« C’est presque un pieds- dans l’eau puisqu’on est a seulement cinq minutes de la plage » , assure- t- il. L’appartement de deux chambres peut accueillir jusqu’à dix personnes. « Je ne veux pas généraliser mais, avec les Mauriciens, quand vous leur dites dix personnes, souvent ils en emmènent 20. Parfois, je ferme les yeux, mais ce n’est pas toujours possible » , lâche- t- il en esquissant un sourire.
Summer Holidays , un bloc de trois appartements de deux chambres chacune à Poste- de- Flacq, est à Rs 1 200 par jour. Chaque appartement peut accueillir quatre à cinq personnes à la fois. « Nous sommes à dix minutes de la plage de Poste- de- Flacq. La mer est rocheuse, donc ce n’est peut- être pas parfait pour nager » , concède Sookraj Seechurn, propriétaire de Summer Holidays. Mais pour ceux à la recherche de repos en toute quiétude, c’est l’endroit idéal. « De plus, nous avons un excellent service de gardiennage et des systèmes d’alarme pour que nos clients aient l’esprit tranquille » , ajoute- t- il. Le campement est lui- même « tout près des boutiques, de sorte que c’est facile pour nos clients d’obtenir toutes leurs nécessités. L’arrêt d’autobus est aussi tout proche » .
La Villa Belle-Mare fait partie de ces bungalows qui affichent déjà complet, avec principalement des clients italiens. Ces derniers ont d’ailleurs réservé pour plusieurs semaines, voire des mois entiers. Les trois appartements en face de la plage de Belle-Mare ne se libéreront donc pas avant février.
Et pour ceux qui pensent avant tout au prix, il faudra alors se résigner à louer des bungalows situés très loin de la mer. Ou encore dans des régions près d’une mer rocailleuse où il ne fait pas bon nager. Ce qui peut toutefois faire plaisir à une clientèle âgée qui se contente souvent de se prélasser sur la plage uniquement.
Quel que soit votre choix, une seule recommandation : pressez- vous. Sinon, vous risquez bien de vous retrouver à camper sur la plage. Comme au bon vieux temps !
Corinne MINERVE

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