mercredi 23 mars 2011

Construction ] Les investissements privés se font rares

LES effets de la crise financière et celle sévissant dans la zone euro se font toujours sentir. En effet, cette année, contrairement aux autres, les investissements privés dans le secteur du bâtiment, de la construction et de l’immobilier, entre autres, se font de plus en rares.
En témoignent les nombreux chantiers qui ont démarré il y a un an ou deux, et qui stagnent désormais.
Quant aux nouveaux projets qui ont vu le jour de janvier à mars de cette année, ils se comptent, eux, sur les doigts d’une main. D’autres encore ont tout simplement été abandonnés. Cette situation ne manquera certainement pas de susciter des inquiétudes chez les opérateurs de l’industrie du bâtiment.
Pour ce qui est des centres commerciaux, l’on notera que le Bagatelle Mall of Mauritius , le Cascavelle Mall à Flic- en- Flac, Grand- Baie La Croisette, le Circle Square à Forbach et le VIP Commercial Centre à St- Antoine, sont en chantier depuis plusieurs mois déjà.
Et de ceux- là, seuls le Bagatelle Mall of Mauritius , et le Cascavelle Mall devraient être opérationnels dès cette année. La construction du Mall of Mont- Choisy devrait aussi démarrer en juin. Le chantier d’ Ebène City, de Four Equals Ltd , a quant à lui été abandonné.
Ce sera très probablement aussi le cas pour le Rose- Belle Value Centre . Pour ce qui est des hôtels, les chantiers peinent aussi à démarrer. Seuls ceux du groupe Ramloll Bhooshan Ltd, à Pte-Oscorne, Grand-Gaube, et celui d’un autre consortium, à Calodyne, devraient bientôt sortir de terre. D’autres, comme le St. Regis au Morne, le Long Beach ( ex- Coco Beach ) à Belle-Mare, et le Crystals Beach and Resort Spa à Palmar, sont par ailleurs toujours en construction.
En ce qu’il s’agit de la mise en chantier du projet d’un promoteur immobilier réunionnais, qui avait signifié son intention, il y a deux ans, de construire deux hôtels, dans le nord et dans le sud du pays, il semblerait que lesdits projets soient toujours au stade embryonnaire.
Du côté des Integrated Resorts Schemes ( IRS), un des rares projets en phase d’être réalisé est celui du groupe Espitalier Noël Ltd , à La Balise, Rivière- Noire. L’on prévoit que celui de Matala Lifestyle débute en mai. Il est possible aussi que le projet du groupe Ramphul- Oberoi débute d’ici à juillet.
Au niveau des Real Estate Schemes ( RES), des partenaires français, chinois et mauriciens projettent de construire des villas à Pointe- aux- Piments. Il est prévu que Rs 4 milliards y soient injectées. Le projet d’ Evaco concernant la construction de 90 appartements au coût de Rs 800 millions, à Grand- Baie, devrait aussi progresser cette année. Reste à savoir si tous ces projets se concrétiseront et si les délais sont respectés.
Du côté de la mise en place d’une zone d’affaires, les choses n’avancent pas très vite non plus, en raison du surplus d’espaces disponibles dans certaines régions du pays. Un des rares qui devrait être mis en chantier en juin est celui du promoteur immobilier sud- africain 2 Tribes, le Grand- Baie Business Quarter. Le groupe précité a en outre investi Rs 750 millions dans le Cape Bay Beach Resort à Bain- Boeuf, un complexe qui comprend une cinquantaine de villas de luxe.
Ainsi, entre les chantiers qui stagnent, qui peinent à démarrer ou qui ont été abandonnés, la situation n’est guère reluisante. D’une part, plusieurs promoteurs de projets IRS et RES ont rencontré d’énormes problèmes pour le montage financier et la vente des villas, processus qui a considérablement ralenti au cours de ces trois dernières années.
Les banques du pays se sont en outre montrées peu enclines à financer la construction de certains projets IRS et RES, jugés peu viables. Certaines ont même refusé de les financer, alors même que plus de 60 % des villas avaient déjà trouvé preneurs.
Dans d’autres cas, les dossiers étaient tout simplement mal ficelés, ou encore bien trop ambitieux pour se concrétiser.
Par ailleurs, le projet de Patel Engineering , groupe indien, concernant la construction d’une nouvelle ville à Port- Louis ( Neotown ) et la cimenterie de Binani Cement – autre groupe de la Grande-Péninsule – se font toujours attendre. La et commercial de Jin Fei , à Terre- Rouge, n’a pas beaucoup bougé non optimiste » quant à l’avancement prochain des travaux.

Et alors que les investissements privés se font de plus en rares, comment expliquer alors que le montant des investissements directs ( FDI) ait augmenté de Rs 2 milliards, pour atteindre les Rs 13,9 milliards l’année dernière, contre Rs 11,5 milliards en 2007, par exemple ? Cela serait dû à la diversifi cation des investissements. Car avant, les services fi nanciers et l’immobilier se taillaient la part du lion, grâce surtout, à la construction des villas qui attiraient de gros investisseurs.
Tel n’est plus le cas aujourd’hui, semble- t- il. D’ailleurs, en raison du démarrage de gros chantiers, l’année dernière, la consommation de ciment avait légèrement grimpé pour atteindre les 680 000 tonnes, alors que la consommation s’était stabilisée autour de 650 000 tonnes au cours des années précédentes.
Toutefois, une récente enquête menée par la Mauritius Employers Federation ajoute une note d’optimisme à ce sombre tableau.
L’enquête démontre en effet que les investissements privés devraient à nouveau montrer le bout de leur nez un peu plus tard au courant de cette année.
« ( …) les chantiers peinent à démarrer. »

Alain Barbé
LExpress du Mercredi 23/03/11

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