«Certains gros chantiers tardent à démarrer ou ont été abandonnés.»
IL est difficile à ce stade de savoir quel sera l’impact de la reconstruction du Japon sur les cours du ciment. Les opérateurs attendent de savoir si les autorités vont décider ou non de libéraliser l’importation et le prix du ciment. Ils sont aussi dans l’expectative s’agissant du prochain appel d’offres pour l’approvisionnement du pays au deuxième semestre 2011. Il y a également des « inquiétudes » en ce qui concerne la vente de ciment pour les six prochains mois et l’impact du retard dans le démarrage de nouveaux projets sur l’emploi.
Le Japon est un des plus gros producteurs et consommateurs de ciment. Sa reconstruction après le tremblement de terre aura un impact sur les cours du ciment. Mais cet impact reste encore flou. Si les opérateurs ne se font pas de souci au sujet de la vente de ciment pour le premier semestre, ce n’est pas le cas pour le deuxième.
Les nombreux projets de modernisation du réseau routier ne sont pas considérés comme de gros consommateurs de ciment. Certains gros chantiers, notamment des centres commerciaux annoncés, des projets hôteliers et la construction de villas sous l’ Integrated Resorts Scheme et Real Estate Scheme tardent à démarrer ou ont été abandonnés. Parmi les projets de centres commerciaux en cours : Bagatelle Mall of Mauritius , Cascavelle Mall à Flic-en-Flac, Grand- Baie La Croisette , et VIP commercial centre à St Antoine, Goodlands.
Avec le nombre de projets qui ne démarrent pas, des entrepreneurs sont « inquiets » concernant l’emploi.
D’autant que la croissance pour 2011 dans le secteur du bâtiment est estimée à 2 %, contre 4,3 % en 2010.
Cette croissance a pour moteur les projets routiers. « Il y a certainement des appréhensions pour le second semestre. Le bâtiment emploie 10 % de la main-d’oeuvre du pays. Si des projets tardent à démarrer, on se demande si cela n’aura pas des répercussions sur l’emploi » , dit Bhooshan Ramloll, président de l’Association des entrepreneurs du bâtiment.
D’autres opérateurs attendent également la décision des autorités au sujet de la libéralisation de l’importation et du prix du ciment. Deux projets, l’un de la compagnie indienne Binani Cement , et l’autre du joint- venture Mauritius Chemical and Fertilizer Industry-Emirates Trade Agency des Emirats Arabes Unis ont été soumis au gouvernement. Ils sont à différents stade d’évaluation.
Autre problème : le coût des opérations sur le marché local ne cesserait d’augmenter avec la hausse du fret maritime et de la consommation du gasoil par les navires qui doivent maintenant faire un plus long détour pour le transport du ciment à Port- Louis à cause des problèmes de piraterie.
Ce n’est pas tout. Le contrat lancé l’année dernière pour l’approvisionnement du pays en ciment était pour les six premiers mois de 2011.
Il incombera à la State Trading Corporation ( STC) de décider si un appel d’offres sera lancé pour l’approvisionnement du pays en 160 000 tonnes de ciment pour les six prochains mois, ou si le contrat existant sera renouvelé. La STC n’a pas encore pris de décision et préfère attendre l’évolution du prix sur le marché international, notamment avec la reconstruction du Japon. Pour les opérateurs, le temps presse.
La consommation annuelle du pays est d’environ 650 000 tonnes. Un chiffre qui a été légèrement plus élevée en 2010. Environ 50 % des besoins sont assurés à travers un appel d’offres lancé par la STC. Le reste de l’approvisionnement se fait par les deux principaux opérateurs, Holcim Ltd et Lafarge Cement Ltd .
Alain Barbé
L'Express du Lundi 21 Mars 2011

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