Ile Maurice, l'express Dimanche 31 juillet
L’ÉDIFICE « INTELLIGENT » de la Mauritius Commercial Bank se dévoile. Les échafaudages sont tombés les uns après les autres, découvrant une œuvre architecturale dont le panache n’aura d’égal que sa performance écologique. Les employés emménageront dans leurs nouveaux locaux en octobre.
L’ÉDIFICE « INTELLIGENT » de la Mauritius Commercial Bank se dévoile. Les échafaudages sont tombés les uns après les autres, découvrant une œuvre architecturale dont le panache n’aura d’égal que sa performance écologique. Les employés emménageront dans leurs nouveaux locaux en octobre.
« Ce n’est pas la caravelle, l’emblème de la Mauritius Commercial Bank, ce n’est pas une balle de rugby et encore moins un oeil », s’amuse l’architecte Jean- François Koenig, quand on lui demande ce qui a inspiré la forme du nouveau bâtiment de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à Saint-Jean. Au risque de décevoir, la forme elliptique de ce building qui attire tous les regards est en fait déterminée par sa fonction. « Le client souhaitait y abriter des auditoriums destinés à la formation de son personnel. Ce n’est donc pas le désir de la forme qui a généré le bâtiment mais un souci fonctionnel. Pour moi cette forme évoque le futur et cela démontre une confi ance dans l’économie du pays et l’avenir de la MCB », poursuit l’architecte.
PARTIELLEMENT AUTONOME
D’une hauteur de dix étages, cet immeuble, dont le premier coup de pioche a été donné en février 2009, est surtout le premier bâtiment écologique du pays, et de la région océan Indien, à obtenir la certifi cation British Research Establishment Environmental Assessment Method ( BREEAM), qui est la référence pour évaluer la performance environnementale des bâtiments.
Ce chef-d’oeuvre architectural a d’ailleurs beaucoup impressionné lors de la Green Building Conference & Exhibition, qui s’est tenue les 13 et 14 juillet à Johannesburg.
Dans le monde, et surtout dans les pays avancés, les constructions sont responsables de la moitié des émissions de gaz à effet de serre.
La performance écologique d’un édifice est établie en fonction de divers critères : une consommation
énergétique faible (eau et électricité), une desserte par un moyen de transport public respectueux de l’environnement, une utilisation optimale des terres, une gestion des déchets effi cace, le volet social ainsi que la santé et le bien-être des employés et un management qui prend en compte tout cela.
Sur le plan énergétique, 35 % des besoins en électricité du bâtiment à l’heure de pointe seront satisfaits par un jardin photovoltaïque. « Le reste de l’électricité aurait pu être fourni par une éolienne, mais esthétiquement parlant cela aurait posé problème » , souligne l’architecte.
Les deux faces de l’édifice, en double vitrage de haut en bas, laissent pénétrer la lumière naturelle au maximum, ce qui réduit considérablement le recours à l’éclairage artifi ciel. Tout le système est automatique : s’il y a trop de lumière les volets descendent automatiquement, et s’il n’y en a pas assez, les ampoules s’allument, le tout étant contrôlé par un centre « intelligent » . En outre, les ascenseurs et les salles de conférences sont transparents, ce qui permet à la lumière de les traverser pour atteindre les autres pièces.
GESTION DE L’EAU ET DES DÉCHETS
Les locaux seront refroidis selon le système « free cooling ». La climatisation se fera par le sol et le système prévoit que l’air extérieur soit retenu le soir dans de gros conteneurs isolés avant d’être envoyé dans les étages le jour. Le double vitrage évitera par ailleurs les pertes de froid et les gains de chaleur.
La gestion de l’eau est également pertinente. L’eau de pluie est captée et conservée dans les quatre pieds du bâtiment. Elle alimentera les sanitaires et sera également utilisée pour le lavage des façades et l’arrosage du jardin. L’eau utilisée dans les lavabos et les douches sera récupérée et filtrée avant de retourner dans le circuit d’eau « grise » . Quant aux déchets, le papier, le plastique et le verre seront collectés séparément alors que les déchets organiques provenant de la cuisine seront compostés et pourront être utilisés dans les jardins.
« Avec tous ces éléments combinés, on obtient un bâtiment 30 à 35 % plus effi cient que la moyenne des bureaux en Angleterre » , se félicite Jean- François Koenig, qui ne dévoile pas encore tous les secrets de sa création. Rendez- vous donc lors de l’inauguration en octobre pour tout savoir sur le fonctionnement de cet édifi ce « intelligent »
GRAND ANGLE
Au coût de Rs 1,6 milliard, le nouveau bâtiment de la MCB abritera 454 employés, dont une grande partie habite les Plaines- Wilhems. Il a été construit par General Construction Co Ltd, selon les plans du cabinet Jean François Koenig Architectes.
Un jardin photovoltaïque constitué de 2158 panneaux solaires est encore en cours de construction. Il produira 460 KW d’électricité par jour, pour assurer 35% des besoins en énergie de tout l’édifi ce.


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