Ile Maurice, l'express du mercredi 03 aout 2011
« IL était grand temps que Rivière-Noire bénéficie d’un développement important. Cela va booster le moral des habitants … », soutient Jayram Krishna, assistant du président du conseil du village de Grande Rivière-Noire. Il fait référence au projet Integrated Resorts Scheme (IRS), La Balise Marina . Quel intérêt pour les villageois ? Plusieurs promoteurs visent, en fait, le développement régional, tout en concrétisant, en parallèle, leur projet. « L’on vise une création de la richesse qui concernera directement la région », explique Dominique Dupont, General Manager du projet La Balise Marina, qui comprend la construction d’une marina et de 113 unités d’habitation, dont les premières seront livrées en 2012. Comment ? En lançant notamment un programme de formation à l’intention des habitants de la région, âgés entre 16 et 40 ans.
Et 225 habitants ont déjà marqué leur intérêt. Des Rs 24 millions dédiées au social dans le cadre de ce projet, Rs 11 millions ont été allouées à cette initiative. C’est Advitam Ltée , spécialiste des ressources humaines, qui est chargée de mener à terme cette formation. Date du coup d’envoi : octobre 2011. Pour une formation dans l’hôtellerie, la construction et les services du bâtiment ainsi que les activités liées à une marina, tel le métier de skipper. Mais, à terme, tous n’intégreront pas La Balise Marina. « J’ai 29 ans et j’aimerais travailler à mon compte, en tant que skipper . Par le biais des formations fi nancées par La Balise Marina, je serai en mesure d’obtenir une licence pour exercer ce métier. Ces formations viennent à point, à un moment où je ressens un besoin de donner une orientation concrète à ma vie », confie Bruno Jean-Pierre, habitant de la région et inscrit aux formations.
Rachel Vencatalachellum a, elle, 16 ans. C’est vers le service d’accueil qu’elle veut se tourner : « J’ai interrompu ma scolarité en Form III . C’est là une deuxième chance qui m’est donnée pour avancer » , confie-t-elle. Les formations, divisées en parties pratique et théorique, mènent toutes à un diplôme, accrédité par la Mauritius Qualifications Authority ou certifié par le ministère du Tourisme.
Toute une structure a été mise en place pour que cette formation soit réussie. « Une évaluation de la qualité des cours ainsi que de l’adaptabilité des candidats est prévue régulièrement pendant toute la durée de la formation » , explique Manoj Vaghjee, directeur d’Advitam Ltd . Et, pour s’assurer que les candidats ne ratent pas ces cours, un comité de pilotage a été mis en place pour qu’ils aient les moyens nécessaires afin d’y assister. Le suivi des cours s’accompagne aussi d’une phase de professionnalisation, à travers des stages en entreprise. « Avoir un certificat est une bonne chose, mais acquérir de l’expérience est essentiel pour être aujourd’hui employable. Le National Apprenticeship Scheme sera utilisé et permettra aux candidats d’avoir la possibilité de faire un stage, en parallèle », précise Manoj Vaghjee.
Ces projets de formation, d’autres IRS, dont Tamarina , qui en a été le pionnier et Anahita, les ont aussi menés à bien. De 2008 à 2011, 600 habitants de la région de Grande-Rivière-Sud-Est, Beau-Champ, Trou- d’Eau-Douce, Caroline et Olivia ont bénéficié des formations financées par Anahita. En l’alphabétisation, dans l’hôtellerie ou encore le Social Leadership. Ces promoteurs travaillent également de pair avec des organisations non gouvernementales (ONG). Par exemple, les candidats non retenus pour la formation financée par La Balise Marina seront canalisés vers celles-ci. Parmi les ONG qui participent au projet : Le Pont de Tamarinier ou encore Caritas de Rivière Noire. « La Balise nous aidera à financer une salle de jeux éducative, qui ouvrira ses portes avant la fin de l’année. Le développement régional devient aujourd’hui véritablement palpable », lâche Anielle Ducray, membre de l’organisation Le Pont du Tamarinier.
Du côté d’Anahita , les projets sociaux sont accompagnés par le Centre d’Accueil de Terre-Rouge, le Mouvement d’Aide à la Maternité et Caritas île Maurice. « Tout dernièrement, on a mis sur place, avec Caritas, une formation visant à alphabétiser ceux de la région. L’année prochaine, nous comptons, avec la collaboration de l’Ecole hôtelière, faire avancer ceux que nous avons alphabétisés, cette fois, en les professionnalisant », explique Steeve Apollon, Social Coordinator d’ Anahita.
A côté, il y a aussi l’aide à travers des infrastructures. Comme La Maison de La Balise , mise sur pied en juin dernier. Un espace de rencontre « qui sert, entre autres, de lieu d’enregistrement pour les formations », précise Cynthia Vencatalachellum, employée par les promoteurs depuis l’ouverture de La Maison. Le comité Friends of La Balise , créé par ENL Property , compte rencontrer les acteurs sociaux de la région tous les trois mois.
Du côté des pêcheurs, « nous avons mis à la disposition des pêcheurs un lieu aménagé pour abriter leurs pirogues en situation de cyclone », souligne Dominique Dupont. La Balise Marina compte également installer des drains sur les routes car Rivière-Noire est principalement affectée par des inondations lors de pluies torrentielles.
Coût du projet : Rs 50 millions.
Voilà de quoi venir à bout du « découragement collectif qui a gagné la région et qui a une conséquence directe sur le taux de chômage » , conclut Jayram Krishna.
Nazia JODHUN
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